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Le Rocher de la Vache à Séverac.

Mégalithe ou rocher naturel?

Joseph DESMARS écrit:

Le beau monument mégalithique connu sous le nom de la Pierre à la Vache. Ce n'a jamais été, comme l'on soutenu à tort plusieurs antiquaires, un rouler ou pierre branlante; c’est un autel un des mieux conservés que nous connaissions, même en le comparant à ceux de Lanvaux, si bien décrits par M. Fouquet. Il se compose de rochers naturels servant de base et d'un bloc isolé, long de 4,20 m , haut de 2 m , large de 1,6 affectant la forme triangulaire d’un kelt et cubant plus de 13 mètres ...

Arguments géologiques:

La Pierre à la Vache est de même nature géologique que les roches naturelles qui l'entourent, elle occupe le point le plus élevé de la colline. Elle est en équilibre sur deux pierres plus petites posées sur la roche naturelle uniformément érodée.

Ceci signifie qu'une longue érosion a eu lieu avant que la pierre à la vache n'occupe sa position actuelle. Ceci tend à exclure. une disposition due à 1'érosion. Le rouler, c’est un effet de l'érosion en boule par exemple celles des roches granitiques qui donnent naissance aux chaos.

Ici la roche est un grès silicifié affecté de schistosité, le grès d'Eclys. Si l'érosion donne bien des formes rondes aux affleurements naturels les pierres constituant la Pierre de la Vache, sont très anguleuses, comme des blocs extraits récemment.

Nous avons aussi du mal à imaginer un bloc erratique transporté sur des longues distances par les glaciers, d'autant plus que la Pierre à la Vache est de même nature que la roche sous-jacente et que cette roche est relativement peu répandue.

Donc il apparaît que la disposition de la Pierre à la Vache est récente et elle a pu être posée là par des hommes.

Arguments religieux.

Les monuments mégalithiques ont été souvent christianisés. Ici la christianisation par Saint Michel terrassant le diable symbolise la lutte du christianisme contre le paganisme. Ce qui tend à prouver que, la Pierre à la Vache roche naturelle ou non, a été un autel de culte druidique consacré à la vache, peut être était elle déjà un lieu de culte au néolithique.

Zone de Texte: Probablement DESMARS a t-il raison de considérer la Pierre de 1a Vache comme un monument mégalithique construit par les hommes.

Photographie en 2006 du monument que Desmars nomme la Pierre à la Vache.

La photographie est faite de l’est sud est vers l’ouest nord ouest.

Le grès d’Eclys du bloc comporte de nombreuses fissures qui permettent un débit en plaques.

Zone de Texte: Gros plan montrant le contact de la Pierre à la Vache avec le rocher naturel.

Remarquez les formes anguleuses des 2 pierres de support. qui s’opposent à celles arrondies de la surface du roc naturel et celles du dessous de la Pierre la vache.

La Pierre à  la Vache a donc été retournée. Comme si on avait voulu mettre sa surface la plus plane vers le haut pour constituer une sorte de table.

Zone de Texte:

Le rocher  ci contre paraît débité en blocs et détaché de sa racine, comme s’il avait glissé. Il est posé sur une surface rocheuse arrondie et donc érodée avant qu’il ne prenne sa disposition actuelle. On remarquera cependant qu’il semble épouser la forme de la roche inférieure.

Mais cette disposition est elle due a des phénomènes naturels ou à l’intervention humaine ? Cette roche se trouve à une vingtaine de mètres du Rocher à la Vache.

Du côté sud est du monument on trouve aussi des traces d’anciennes carrières.

Zone de Texte: Le rocher naturel présente un pendage de direction est ouest avec un angle d’une vingtaine de degrés.

Pour le bloc de la photo précédente le pendage est vertical comme si le bloc avait basculé.

La manœuvre a-t-elle été naturelle ou produite par les hommes ?

Contrairement aux blocs en place il comporte une double fissuration, perpendiculaire l’une à l’autre comme s’il avait été débité. Ce qui frappe au premier abord c’est l’aspect non naturel de la roche, ce qui amène à penser à un débitage par les hommes. Mais même en évoquant cette hypothèse rien ne dit que cela a été produit par les hommes du néolithique. Pour la christianisation de la table on est sûr que c’est plus tardif. On remarquera que pour les deux affleurements du sous bois ci-dessus, le débitage est facilité par  les fissures naturelles.

Zone de Texte:

Tout autour du site dans le sous-bois et près de la chapelle on trouve de nombreux blocs qui sont isolés ou bien regroupés en tas. Ce qui démontre des interventions humaines, mais de quelles époques datent   t-elles ?

Les hommes du néolithique exploitaient t-ils déjà une carrière de mégalithes à cet endroit, on peut le penser vu le nombre des blocs isolés? Par contre pour les tas de blocs on peut penser qu'ils correspondent à des regroupements de mégalithes arrachés des champs par les agriculteurs.

Zone de Texte:

Sur la photo ci-contre prise dans le sous bois près de l’ancienne carrière on voit des blocs isolés, certains de forme allongée et de grande taille ont l’aspect de menhirs bruts.

Zone de Texte: Sur le bloc ci contre on reconnaît l’élargissement des fissures de la roche par les hommes en vue de la débiter en plaques. On remarque que ce genre de travail n’existe que sur des rochers de tailles raisonnables où l’action sur les fissures suffira pour séparer des blocs.

Ce qui est surprenant, c’est que 3 fissures semblent être exploitées ensemble, comme si le débitage se faisait d’abord avant de déplacer les blocs. Zone de Texte:

Sur le détail de droite on remarque que pour la fissure du haut il y a un endroit qui n’est pas élargi, peut être une zone de quartz dans le grès qui est plus dure, elle ne paraît pas fissurée. On remarque que les lèvres de l’élargissement sont polies, et cela ressemble un peu, aux figures produites dans les roches utilisées pour le polissage des haches de pierres.

Le grès d’Eclys est très quartzeux et doit être excellent pour le polissage des pierres. Peut être que l’élargissement des fissures avait deux fonctions, l’une de permettre le polissages des outils de pierres, l’autre de préparer les fissures à recevoir des coins en bois. Mouillés les coins gonflent et détachent les blocs.

Le menhir.

Vu par :   l’ouest,                             le sud,                                      l’ est,                              le  nord.

Joseph Desmars écrit :

 Au-dessous de la Pierre à la Vache, à 50 mètres au sud, on voit un beau menhir en quartz (hauteur 3m50,  largeur 3m40, épaisseur environ 1 mètre ) dont un morceau,  avec une croix de fer qui surmontait ce peulvan,  a été brisé par la foudre. De l'autre côté et à 200 mètres vers le ,nord, près d'un magnifique retranchement, la charrue retourne des briques romaines et met à nu des pans de muraille.

Remarque : Si Desmars signale tous les vestiges et monuments autour du Rocher à la Vache, il ne parle pas du tout de la chapelle qui se trouve actuellement à côté ni de la statue de l’Archange Saint Michel, alors qu’il cite l’église de Séverac nouvelle à l’époque , ce qui prouve que ni la chapelle ni la statue de l’archange n’existaient en 1869.

S’il y a un doute pour la Pierre à la Vache en ce qui concerne son édification par les humains, pour le menhir il n’y a aucun doute il s’agit d’un mégalithe construit par l’homme et probablement du néolithique.

Conclusion :

Au voisinage de la Pierre à la Vache, il existe une carrière, mais d’après le front de taille, elle a été exploitée récemment, pour ce qui concerne l’existence d’une carrière néolithique, les traces de débitage sur le document ci-dessus aménent à penser que les hommes de cette époque exploitaient plutôt des rochers d'affleurements naturels en utilisant les fissures naturelles pour les débiter.  Pour la Pierre à la Vache le déplacement à partir de sa racine n’a pas probablement été important, et peut être un redressement et un simple basculement ont suffit pour la mettre dans sa position actuelle.                      

Joseph LE DEROUT