Quelques réflexions sur le calvaire de Kerbreudeur.

Le monument est assez peu connu, en dehors des communes proches de Saint Hernin commune finistérienne sur laquelle il se trouve, près de l’ancien château de Kergoat (ce château a été plus ou moins ruiné sous Louis XIV par la révolte des bonnets rouges conduite dans la région de Carhaix par Sébastien Le Balp).

Une remarque importante sur le calvaire, il est unique par sa forme et sa construction son mode de localisation. Habituellement les calvaires sont situés près des églises dans les enclos paroissiaux, ou encore près d’une chapelle, ici, il est en pleine campagne relativement loin du premier village (300 à 400 mètres).

Sa construction est faite de mœllons de schiste ardoisiers, Les sculptures sont sous forme de scènes sur des plaques de granite. La forme de l’ensemble est celle d’un calvaire autel. En ce qui concerne ce type de calvaire, il en existe d’autres, par exemple dans le Morbihan où les calvaires sont plus rares, (celui de la chapelle Sainte Suzanne sur la commune de Sérent et celui de Guéhenno).

Nous pouvons penser que le calvaire de Kerbreudeur construit pour racheter les fautes d’un Kergoat était un lieu, vu l’absence de chapelle, qui permettait de dire des offices en plein air à la mémoire du pêcheur.

Celui de Guéhenno qui est placé dans le cimetière permettait probablement de célébrer les offices des morts (quand le temps le permettait), quand j'étais enfant de coeur dans les années 50, les offices de la Toussaint et de la fête des morts se terminaient en procession dans le cimetière vers la croix.

 La réflexion de personnes voyant pour la première fois le monument, est qu’il s’agirait d’un calvaire qui aurait été reconstruit à partir de parties plus anciennes. Pourtant rien dans son histoire n’indique un tel avatar. Sa construction n’est pas née probablement de la volonté de l’Eglise ni d’une communauté, mais de celle d’une seule personne privée comme le raconte l’histoire locale.

L’étude des pierres sculptées montre qu’elles ont été réalisées pour être dans la disposition dans laquelle elles se trouvent dans l’édifice.

Peut être que les maçonneries de petites pierres de schistes étaient elles cachées à l’origine par une butte de terre figurant le Golgotha, et n’apparaissaient à l’extérieur que les pierres de granite sculptées et les croix, comme le montre le montage que vous pouvez voir en cliquant ici.

L’environnement de ce monument a été fortement chamboulé. Il se trouve en effet au bord de la route Port Carhaix, Saint Hernin, Spézet.

Au passage signalons que le tour de France a passé en 2004 devant le monument, qu’il avait été nettoyé pour l’occasion. Mais si les commentateurs de l’épreuve ont eu quelques mots concernant l’église de Saint Hernin, et du calvaire du bourg qui sans aucun doute le méritent, aucun mot ni aucune image de ce monument unique, par son ancienneté et par sa conception.

A signaler que la croix du Christ n’est pas d’origine, d’ailleurs on remarque tout de suite qu’elle n’est pas du tout de la même facture que celles des deux larrons, généralement la croix du christ est plus grande et le corps est plus grand ici il est plus petit que ceux des larrons.

Retour.