LE CALVAIRE DE SAINT-THEGONNEC DE 1610. UN DES DERNIERS GRANDS CALVAIRES BRETONS

Façade ouest du calvaire de Saint-Thégonnec. Construit en 1610 c'est probablement le dernier des grands calvaires bretons. C'est un calvaire à Mace.

Ici on a sur la façade ouest un autel au dessus au centre dans une petite niche se trouve la statue de Saint Thégonnec. Dans la partie supérieure, 3 croix au centre la croix du Christ

avec 3 niveaux de part et d'autre les croix des deux larrons.

Détail de la partie inférieure du calvaire. Deux scènes à gauche la mise au tombeau du Christ, à droite la Résurrection, le Christ debout sur le bord du tombeau montre le ciel.

Les croix avec les supliciés Au centre en haut le Christ en croix deux anges hématophores sous les mains recueillent le sang des mains, celui à la droite du Christrecueille aussi le sang de la blessure de la poitrine.

au pied de la croix deux autres recueillent le sang des pieds. C'est ce sang recueilli par Joseph d'Arimathie dans un calice qui constitue le Graal, qui d'après la Légende du roi Arthur était très recherché en Cornouaille Anglaise et en Bretagne par les chevaliers de la table ronde.

Calvaire de Saint-Thégonnec vu par l'est. derrière on voit l'ossuaire, dans lequel on trouve une très belle scène en statues polychromes

de la mise au tombeau du Christ.

Façade est du calvaire, plusieurs scènes de gauche à droite: la flagellation de Jésus, Jésus portant la couronne d'épine les poings liés probablement après son Jugement, le personnage portant chapeau et tenant dans sa main droite un philactère serait un juge portant la sentence, Ponce Pilate à livré Jésus à la justice juive et il se lave les mains dans un bassin tenu main droite par un homme portant sur son avant bras droit une serviette. Deux soldats conduisent Jésus couronné d'épines et poings lié vers son supplice.

A droite Saint Jean soutient Marie. Les scènes sont constituées de groupe de 2 ou 3 personnages qui sont posés sur des socles indépendants. Elles sont disposées en désordre chronologique, elles auraient été mises ainsi à la révolution de 1789.

Les croix vues façade est: La croix centrale plus haute comporte trois niveaux, niveau supérieur Jésus en croix (le dos de la croix) au pied de cette croix le deuxième niveau, de part et d'autre 2 soldats romains à cheval vus par l'arrière: à droite Longin, c'est lui qui perce le flanc droit de Jésus de sa lance pour vérifier qu'il est bien mort, une goutte de sang du Christ tombe dans son oeil borgne qui retrouve ainsi la vision. A gauche le soldat Stéphaton. Au centre le Christ.

Niveau inférieur, de part et d'autre de dos les deux croix des deux larrons, au centre de face la piéta. Voir le détail ci-dessous.

Détail du niveau inférieur de la croix du Christ centrale, Au centre la Pieta Marie tient sur ses genoux son fils mort à gauche Saint Jean tient sur ses genoux la tête du Christ à droite Marie Madeleine tient les jambes sa main droite est posée sur les cuisses de Jésus, main gauche elle porte un pot d'onguant. De part et d'autre, à gauche une femme tient main droite une sorte d'objet cordé, à droite un homme ou une femme tient main droite un flacon peut être du vinaigre et main gauche peut être un chiffon qui auraient servis à faire boire le Christ.

Façade sud du calvaire. Uniquement une scène celle des outrages, cette scène détonne par rapport à toutes les autres, sculptée dans de la kersantite ou granite de Kersanton comme toutes les autres scènes, elle est dans un matériau beaucoup plus clair comme si elle avait été faite plus tardivement. le personnage de gauche, un des deux bourreaux représenterai Henri IV, assassiné en 1610 date de la construction du calvaire, on ne devait pas beaucoup aimé ce roi à Saint-Thégonnec bien que converti au catholicisme. On remarque ici sur la gauche de l'estrade un bénitier, il se trouve dans une position basse très étonnante. Voir ci-dessous le détail agrandi.

La façade nord, (la photo n'est pas très claire car prise à contre-jour), ci-dessous un détail.

Le portement de croix de gauche à droite: de trois quart Sainte Véronique présente sur le tissu où, ayant servi à essuyer le visage du Christ au cours du chemin de croix, son visage s'est imprimé.

Au centre Jésus est tombé, il porte la croix en forme de tau, à califourchon sur le fût de la croix les pieds sur le dos de Jésus un soldat romain lui fourrage l'échine avec un bâton, un autre soldat le fouette. De part et d'autre deux personnes aident, en soulevant la croix, Jésus à se relever. Devant un personnage tenant main gauche un bâton regarde la scène.

L'estrade, la mace le petit autel et les fûts des 3 croix sont en granite, les personnages sont en kersantite.

Remarque: la kersantite est une roche très intéressante pour la sculpture, quand on vient de l'extraire elle est très tendre et facile à sculpter de plus elle possède un grain fin qui permet d'y représenter des petits détails. A l'air la roche durcit et elle ne s'érode pas facilement. C'est cette particularité qui fait que les statues en kersantite vieilles de plusieurs centaines d'années une fois nettoyées paraissent comme neuves.

Du point de vue du style, dans ce calvaire on est plus dans le style des petits calvaires comme ceux de Motreff, Saint-Hernin, Cléden-Poher, Braspart. que de ceux de Plougastel, Pleyben, Guimiliau, où les différentes scènes sont placées sur un arc de triomphe.

Les costumes des personnages en civils sont les costumes de la fin du XVIème siècle début XVIIème en Bretagne. Ainsi les deux larrons portent le "Bragou bras". Les deux bourreaux ont une braguette proéminente, à l'époque il y avait des poches à cet endroit.